Il en faut peu pour etre heureux ...

Vous ne savez pas cuisiner ? ça tombe bien moi non plus :)

mardi 15 juillet 2008

Aurillac Revival, 1 an après (n°2)


Note :
ce billet a une haute teneur en émerveillement botanique
Mais pas que
Si vous n’êtes pas branché fleurs et nature
Vous pouvez passer votre chemin,
mais ça serait dommage


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Un an après donc, nous revoilà parties sur les routes, l’œil aux aguets, à la recherche des orchidées sauvages, le bras à la portière et l’appareil photo en bandoulière.

Cette année, un autre amoureux de botanique, Serge, nous a accompagnées à la découverte de la flore auvergnate. Et ne croyez pas qu’être néophyte en la matière rend ce genre d’expédition ennuyeuse ! Bien au contraire !



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Sur fond de discussion entre deux passionnés, on se surprend rapidement à savoir faire la différence entre la gentiane et le verâtre, à s’accroupir pour photographier la moindre violette, la moindre toile d’araignée constellée de gouttes d’eau. La nature est un terrain de jeu sans limite pour un photographe débutant.



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La pluie n’importe plus, du moment qu’on arrive à protéger son appareil. On rit des franchissement des barbelés, des pieds qui baignent dans les chaussures trempées, et on s’émerveille d’un plein champ de narcisses au mois de juin. On découvre l’arnica, on photographie encore et encore, on tatonne dans les réglages …



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Une fois de plus, on arrête la voiture sur le bas côté, intriguées par ce champ entier de coton blanc qui bouge tel le ressac. En s’approchant un peu, on découvre la linaigrette et ses pompons duveteux, comme une baguette de fée végétale.



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On passe plusieurs minutes avec le myosotis qu’on connaît pourtant, et l’on redécouvre ses petits pétales veloutés. On peste contre la fougère qui s’agite, indifférente aux efforts du photographe débutant, encore toute repliée sur elle-même …


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L’Auvergne me rappelle mes vacances d’enfant.
L’Auvergne m’apaise.
L’Auvergne est synonyme de nature préservée, de produits de qualité.
Pour l’instant.



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Ce paysage idyllique sait montrer d’autres facettes, moins glorieuses.
Il m’aura fallu voir une parcelle entière dévastée par les herbicides, avec la disparition totale de certaines essences.
Il m’aura fallu pouvoir délimiter à l’œil nu les limites de traitement, tellement le changement de la flore était visible pour la néophyte que je suis.
Il m’aura fallu accepter, les pieds dans l’eau qui ravine, que le produit avait forcément parcouru des kilomètres depuis sa pulvérisation.
Il m’aura fallu tout cela pour comprendre les ravages de telles pratiques sur la richesse végétale de l’endroit, et les répercussions sur la santé de tout un chacun.

Excusez mon pessimisme dans un billet bucolique au départ, mais …


Les vaches qui paissent dans ce pré ? Qu’ont –elles brouté ? Que va-t-on retrouver dans leur lait ? leur viande ? N’est ce pas la diversité de la flore qui donne les caractéristiques de certains aliments ? Sont-elles programmées génétiquement pour être nourries à l’herbicide ?

Et moi ? Que vais-je absorber à mon tour ? En mangeant beurre, fromage, rumsteack ? Je devrais aussi payer plus cher pour moins de goût ? Que vais-je avaler sans qu’on m’aie prévenue ? Informée ? Quelles substances que je n’aurais pas choisies vais-je devoir manger sans broncher ???????

Je fais déjà la chasse aux additifs, aux conservateurs, aux colorants dans mon alimentation quotidienne. Je choisis les fruits et légumes de saison, produits à proximité quand c’est possible. Je me renseigne, je m’informe. Je dis non aux œufs de poules élevées en cage, aux fraises en février et je boycotte certains grands groupes agro-alimentaires qui prônent la pasteurisation et l’appauvrissement gustatif …
Je recycle, j’optimise, je valorise au maximum …Cela me coûte, en temps, en argent, j’ai fait ce choix .Mais là ????


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Mon petit idéalisme personnel a du mal à accepter ça, parceque je fais partie d’une génération qui a connu autre chose dans son enfance (sans tomber dans le « c’était mieux avant » … )
Le prochain billet n’aura que plus de sens après cette constatation.
Je suis revenue d’Aurillac changée, avec des comportements différents, un peu plus de méfiance, certainement, mais aussi encore plus de détermination dans ma quête du bien manger et du manger intelligemment.


Posté par marionlakine à 07:00 - Ma vie, mon oeuvre - Commentaires [25] - Permalien [#]

Commentaires

    La nature nous ouvre les oeils encore faut-il prendre le temps de l'observer. Le vrai salers a le goût des pâturages rien à voir avec le fromage industriel. J'ai encore en mémoire le beurre frais de ma mémé, son fromage de chèvre, les oeufs frais gobés et son poulet rôti... Elle les nourrissait d'orties, de pommes de terre. Ah, ton billet me rend nostalgique.
    Bises

    Posté par Hélène, mardi 15 juillet 2008 à 10:31
  • Nostalgie quand tu nous tiens...

    Posté par mamina, mardi 15 juillet 2008 à 10:46
  • Une belle collection de photos! La nature est splendide. Il suffit juste d'ouvrir les yeux et d'être récepti(f)ve...

    De bonnes questions! Même le bio est contaminé car il ne faut pas oublier les retombée qui viennent du ciel (pollution atmosphériques diverses)...

    Bises,

    Rosa

    Posté par Rosa, mardi 15 juillet 2008 à 10:50
  • Je te rejoins complètement sur ce mieux manger et préserver la nature, pour elle, pour nous, pour les nôtres... L'auvergne a ce côté préservé, sauvage et c'est aussi pour moi des souvenirs d'enfance, précisément du côté d'Aurillac, alors je meure d'envie doublement d'un périple, l'an prochain peut être...

    Posté par Tiuscha, mardi 15 juillet 2008 à 10:56
  • Je partage ton désarroi à 100%... J'appelle ça parfois "l'angoisse du supermarché", c'est-à-dire ne plus savoir quoi acheter pour manger correctement, pour savoir ce qui atterrit dans notre assiette, et surtout l'impact écologique de ce que nous consommons. Il faut qu'on en parle...

    Posté par Ester, mardi 15 juillet 2008 à 11:02
  • Mais tes photos ne sont pas tout à fait celles d'une débutante. Superbes ! Que de vert, je comprends que tu aies eu les pieds mouillés.
    Je partage ton inquiétude sur l'avenir de la planète et les dessous de ce que nous ingurgitons... je ne crois pas, malheureusement, qu'il y ait beaucoup d'endroits vraiment préservés de tout ça. Sans tomber dans le "ah, de mon temps, ma bonne dame..."

    Posté par Natalia, mardi 15 juillet 2008 à 11:15
  • Je comprends tes doutes et interrogations, moi j'ai trouvé la solution en faisant partie d'une AMAP et en achetant de plus en plus de produits d'épicerie en mag bio. Sinon j'aime beaucoup les fleurs quand il n'y a pas de limaces

    Posté par bergeou, mardi 15 juillet 2008 à 11:43
  • Je suis bluffée par les photos...non que je doute de tes talents mais franchement elles sont superbes!

    Posté par mayacook, mardi 15 juillet 2008 à 14:48
  • Les jeunes crosses de fougère peuvent se manger comme les asperges, elles sont un peu plus baveuses, mais délicieuses! Avec une sauce linaigrette, par contre là je suis moins sûr de moi! J'aurais bien aimé vous accompagner à herboriser ainsi...

    Posté par Patrick CdM, mardi 15 juillet 2008 à 16:02
  • tes photos sont magnifiques... Je suis bien d'accord avec toi concernant l'Auvergne : toute ma famille vit dans un village, à côté de Vichy et c'est là bas que je pars me ressourcer... Je vois qu'on a pas mal de point commun comme ton "engagement" pour l'avenir de la planète et des hommes : pour mon collège, j'ai enfin décrocher le label éco-école et on va avoir enfin de largent pour vraiment faire bouger les choses... bises

    Posté par clemence, mardi 15 juillet 2008 à 19:59
  • Ben oui mais où qui sont la bouffe thaï ???

    Posté par Hélène, mardi 15 juillet 2008 à 22:48
  • Quel beau message! Photographier la nature, c'est un peu être impressionniste, non? Tu peux photographier la même plante à des moments différents, et tout a changé. Je suis aussi très déçue qu'on ne puisse que très rarement "faire confiance" à ce qu'on achète. Il faut vérifier, éplucher les emballages, traquer les noms indésirables, le lieu et les conditions de production, voir le circuit dans son ensemble, y compris ce que l'aliment coûte avant et après qu'il soit passé par notre assiette... Et tant de contradictions! Pourquoi des aliments bio qui viennent de l'autre bout du monde et/ou sont vendus suremballés? Où est la vision globale? Ne vaut-il pas mieux un bon produit local, qui n'a pu se payer le label bio mais est produit respectueusement? Cela devient un vrai cas de conscience d'aller faire ses courses... Le jour aussi où nos gouvernements décideront de soutenir davantage l'agriculture respectueuse, plutôt que de dépenser en aval des sommes astronomiques pour faire face aux problèmes de santé causés par cette alimentation contre nature... toujours le problème de la vision "bout du nez", on soigne les symptômes visibles plutôt que l'une des causes. Non, la nourriture de qualité ne devrait pas être réservée aux plus favorisés.
    Et voilà, sur ce sujet je me promets toujours que je serai brève, et puis je m'emballe. Mais il se passe tant de choses étonnantes et désolantes! Voilà que dans la plupart des états américains, consommer du lait cru est interdit par la loi, et les consommateurs doivent recourir à des stratégies ou se mettre dans l'illégalité pour en obtenir! On croit rêver. C'est évident, boire du lait cru est bien plus dangereux que de posséder une arme à feu!

    Posté par Claire, mercredi 16 juillet 2008 à 00:52
  • buccolique et tout à la fois axé sur les inquiétudes du consommateur, un bien beau billet Marion. Je m'interroge aussi souvent sur ce que j'achète et j'essaye d'avoir des gestes citoyens le plus possible. C'est au moins cela que l'on peut faire pour nous et ceux qui nous entourent.

    Posté par Sophie, mercredi 16 juillet 2008 à 12:51
  • Je ne dirai qu'une chose : l'argent dirige tout! malheureusement.

    Posté par nanounette, mercredi 16 juillet 2008 à 14:39
  • Comme je fais aussi attention à la qualité des produits que j'achète, que j'évite au maximum additifs, colorants et de manière générale plats préparés, je me retrouve souvent devant le mystère du produit "brut"... Quelle est son histoire, à celui-là? C'est souvent résignée que j'essaie de ne pas y penser. J'ai bien l'impression que nos inquiétudes ne font pas le poids devant les préoccupations financières et politiques des gens qui votent nos lois.

    Posté par Anne-Cé, mercredi 16 juillet 2008 à 16:34
  • Un petit tag bien sympathique pour toi ;-P
    http://gato-azul.blogspot.com/2008/07/un-tag-bien-sympathique.html

    Posté par gato azul, jeudi 17 juillet 2008 à 04:10
  • Je pratique déjà l'émerveillement botanique, mais avec un guide c'est forcément mieux : on peut au moins savoir ce qu'on photographie
    Je ne saurais dire mieux que Claire ce que je pense du système (oui, j'ai remarqué aussi les fruits et légumes bio qui viennent de l'autre bout du monde : quelle logique ???) et de notre comportement de consommateurs (la nécessité de constamment faire attention à ce qu'on achète...). Elle a raison aussi sur le fait que l'alimentation de qualité devrait être accessible à tous.
    Bref, tu fais bien de rappeler tout cela.

    Posté par La Mangue, jeudi 17 juillet 2008 à 08:05
  • Tout a été dit..... On en arrive au point de ne plus savoir quoi manger, pour se faire du bien en se faisant plaisir..... Privilégier le raisonné au bio, ça me semble le mieux, encore faut il que nos sols où poussent nos légumes soient eux même sains......

    Posté par auré, jeudi 17 juillet 2008 à 13:36
  • Un billet tout en poésie... Comme tu l'écris si bien, même en tant que néophyte, on se prend au jeu de la découverte botanique. Serge était non seulement passionné de plantes mais aussi de leur environnement naturel. Il nous a accordé de son temps précieux pour nous faire partager ses connaissances, en toute humilité. Il avait, comme les plantes, ce côté à la fois sauvage et généreux ! Mon meilleur souvenir botanique reste ce champ de linaigrettes... Vive l'Auvergne !

    Posté par Lilo, jeudi 17 juillet 2008 à 19:20
  • C'est vrai que cela fait réflechir.

    Posté par Marielle, jeudi 17 juillet 2008 à 21:35
  • Tes photos sont magnifiques.
    Je suis entièrement de ton avis, je fonctionne comme toi. J'achète le plus possible chez des producteurs ou fermiers locaux en agriculture biologique ou biodynamique (avec le moins possible d'emballages), et en achetant le moins possible en supermarché. Je privilégie les produits les plus naturels possible (les moins raffinés/industrialisés) qui respectent les animaux et l'environnement tout en faisant du bien à la santé. Je recycle, j'économise, j'optimise aussi. Je m'informe beaucoup aussi. C'est difficile de faire des choix, de savoir ce qui est le mieux, et faire ses achats devient un véritable casse-tête car comme on dit, un battement d'aile de papillon peut causer un ouragan à l'autre bout du monde!
    C'est vraiment pas évident, car on nous met les bâtons dans les roues (je trouve), à nous les quelques moutons qui circulons à contre-sens du troupeau. Mais c'est bien, on est en accord avec nous-même tout en respectant la santé et la Terre. Et en plus, les blogs peuvent engendrer des prises de conscience!
    Je suis contente de voir que je ne suis pas une martienne

    Posté par Botacook, vendredi 18 juillet 2008 à 13:50
  • Soupir profond...
    J'essaie comme toi de consommer du mieux possible, de faire mon compost avec mes épluchures, de regarder l'origine des aliments que j'achète...
    Mais mon sang d'asiatique ne résiste pas à certains produits qui viennent par avion comme le basilic thaï... Je culpabilise mais je ne résiste pas... Ca a donné quelque chose tes graines ? Chez moi,nada...
    Ceci étant dit, dernièrement j'ai acheté des haricots noirs dans une coopé bio, certifiés Agriculture Bio ! et en arrivant chez moi quelle surprise: ils viennent de Chine... :-S

    Posté par Véro C.Métisse, vendredi 18 juillet 2008 à 16:39
  • Très beau billet , merci !

    Posté par gabriella, vendredi 18 juillet 2008 à 20:40
  • Tes photos ça me donne envie d'aller m'allonger au bord d'un champ et de faire un pique-nique. Avec du Salers pourquoi pas en fait j'ai jamais goûté.
    J'évite aussi à fond le supermarché, (à l'AMAP en ce moment on croule sous les haricots verts, si t'as des id recettes je suis preneuse), et je me demande comment changer plus de choses. C'est aberrant de constater que notre mode de vie conduit à notre perte et est malgré tout ancré dans notre quotidien.

    Posté par Marion, lundi 21 juillet 2008 à 21:04
  • Ce sont en tout cas de très belles photos !

    Posté par Mélanie, vendredi 25 juillet 2008 à 19:00

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